Unesco : une lueur d’espoir face aux projets fous d’éoliennes
L’Unesco renforce ses exigences face aux implantations d’éoliennes autour du Mont-Saint-Michel
Après l’annulation de la construction des éoliennes d’Argouges, à moins de 20 kilomètres du Mont-Saint-Michel, l’Unesco vient de publier un projet de décision qui renforce les exigences de l’organisme international en matière d’implantation d’éoliennes à proximité de sites touristiques. Selon ce projet, qui devrait être adopté les 27-29 juin prochains, le périmètre d’exclusion d’implantation d’éoliennes autour du site classé du Mont-Saint-Michel doit répondre à des critères de protection suffisamment élevés. Le périmètre actuellement prévu, un ovale d’une quarantaine de kilomètres à l’ouest et à l’est du rocher et d’une vingtaine de kilomètres au nord et au sud, n’est pas assez large. L’Etat sera probablement amené à revoir à nouveau sa copie.
L’éolien en mer, une menace pour plusieurs sites de renommée mondiale
Pour l’Unesco, l’implantation d’éoliennes à proximité du Mont-Saint-Michel interrompt les perspectives visuelles du site et altère donc sa valeur patrimoniale. Les conséquences sont lourdes : à terme, c’est le classement du mont au patrimoine de l’humanité qui pourrait être remis en question. Une telle mesure serait un signal très négatif pour les touristes en France et encore plus à l’étranger.
Mais si l’attention se porte aujourd’hui sur le célèbre rocher, ce sont en réalité de nombreux sites touristiques qui sont menacés par les projets éoliens. Rappelons qu’un complexe d’aérogénérateurs est prévu pour 2015 au large de la baie d’Arromanches, et plus précisément en face du site historique d’Omaha Beach. Ce projet a d’ailleurs provoqué l’indignation de nombreux Anglo-saxons, nuisant à la réputation touristique de notre pays.
Un écho aux inquiétudes des professionnels du tourisme
La position de l’Unesco fait écho à l’appel lancé par les professionnels du tourisme, qui s’inquiètent du danger que représente l’implantation d’éoliennes offshore pour l’économie de leur secteur. Il y a deux mois, TourCom, la Fed et le collectif Pulse avaient d’ailleurs appelé à l’élargissement du périmètre d’exclusion du Mont-Saint-Michel. Le président du réseau TourCom, Richard Vainopoulos, souhaite ainsi que les exigences de l’Unesco s’appliquent à tous les sites touristiques concernés. Selon lui, il ne s’agit pas de s’opposer aux énergies alternatives, mais de ne pas sacrifier notre patrimoine historique et naturel au profit des constructeurs éoliens. « Comme le préconise l’Unesco, une méthode satisfaisante pour implanter de nouvelles éoliennes en mer doit être établie et applicable à l’ensemble de notre littoral, en donnant la priorité à la protection des paysages. ».